Headspace : je dis oui, Andy !

Certains d’entre vous ont peut-être déjà téléchargé des applications de méditation sur leur smartphone : Respirelax pour la cohérence cardiaque, Petit Bambou, Calm, Zenfie,…

Une des applications les plus connues s’appelle Headspace, mais elle est en anglais et donc pas forcément accessible à tous.

Depuis sa sortie, son créateur, Andy Puddicombe, a aussi écrit un livre pour parler plus largement de la méditation et de la pleine conscience, en se basant sur son expérience et son parcours. J’ai adoré son ouvrage car il est très simple à lire et il donne beaucoup d’exemples et d’images concrètes.

Je voulais partager avec vous quelques passages du livre qui m’ont particulièrement marqué et aidé à mieux appréhender les grands principes du mindfulness (pleine conscience).

Cet article n’a pas pour vocation d’être un résumé du livre, mais il vous permettra d’avoir des petits pense-bête, pour vous dire « ah oui c’est ça ! ».

Bonne lecture !

Image du vélo

« Quand vous avez appris à faire du vélo, j’imagine qu’on vous a simplement montré comment rouler, pas pourquoi vous en servir. Certains utilisent le vélo pour se rendre d’un endroit à un autre, d’autres pour se balader avec des amis, ou d’autres encore en font leur métier. Mais la capacité à rester sur la selle est la même pour tous. Même si on vous a appris à faire du vélo, c’est vous qui décidez ce que rouler signifie pour vous, la manière dont vous vous servez du vélo et comment il s’intègre au mieux dans votre vie. C’est la même chose pour la méditation : elle peut s’appliquer à n’importe quel aspect de votre vie, et sa valeur dépend de ce que vous lui attribuez. » (p. 23)

La méditation est une expérience

« Imaginez que l’un de vos amis vous décrive le repas délicieux qu’il a mangé dans un restaurant. Imaginez maintenant que vous vous rendez dans ce même restaurant pour déguster les mêmes plats. Entendre parler du repas et le goûter sont deux choses complètement différentes, non ? […] Pour comprendre la méditation il faut la pratiquer. » (p. 25)

« La méditation n’a rien à voir avec le fait de devenir une autre personne, une nouvelle personne ou encore une meilleure personne. Elle nous permet de nous entraîner à être plus conscients, à comprendre comment et pourquoi nous ressentons ce que vous ressentons et à parvenir à mieux mettre les choses en perspective grâce à cela. » (p. 27)

Différence entre méditation et pleine conscience

« La pleine conscience signifie être « dans l’instant », vivre sa vie directement comme elle vient, sans être distrait ni accaparé par ses pensées. Ce n’est pas un état d’esprit artificiel ou temporaire qu’il faut en quelque sorte créer et conserver. Au contraire, c’est une manière de prendre du recul et de laisser l’esprit au repos, loin du chaos habituel. […] Mais après une vie passée à être dans des pensées, il faut être dans de bonnes conditions pour réussir à prendre du recul. C’est là que la méditation entre en jeu. Il n’y a rien de mystique. La méditation est simplement une technique qui vous offre les meilleures conditions pour pratiquer la pleine conscience. » (p. 33)

La poursuite du bonheur

« Pour de nombreuses personnes, la vie tourne autour de cette poursuite du bonheur. Et cependant, combien de personnes connaissez-vous qui soient réellement heureuses ? […] Nous avons tendance à nous précipiter à la suite de ce bonheur temporaire, créant nous-mêmes ce désordre mental, sans comprendre que toute cette agitation est en train de noyer l’espace mental qui existe en nous, n’attendant qu’une chose : que nous la remarquions. » (p. 39)

L’approche

« La première chose à bien comprendre est que la méditation ne vous fait pas penser ! Tout ce qu’elle fait, c’est qu’elle éclaire vivement votre esprit pour que vous le voyiez plus clairement. Vous n’aimerez peut-être pas ce que vous voyez quand la lumière est allumée, mais c’est le reflet clair et précis de la manière dont votre esprit se comporte au quotidien. » (p. 58)

Regardez passer vos pensées : image de la voiture

« En prenant du recul face aux pensées et aux sentiments, vous aurez peut-être la sensation d’être un simple observateur qui regarde passer les pensées, les voitures. Parfois, vous oublierez, et vous vous retrouverez en train de courir à la poursuite d’une belle voiture sans même vous en apercevoir. C’est ce qu’il se passe lorsque qu’une pensée est plaisante. Vous la voyez, vous vous laissez entraîner par elle et vous finissez par la poursuivre. […] Cela deviendra de plus en plus facile avec le temps. Vous n’aurez plus aussi souvent envie de vous ruer sur la route et vous trouverez de plus en plus simple de rester assis tout simplement en regardant les pensées passer. C’est cela le processus de méditation.  » (p. 60 à 61)

Le ciel bleu (espace mental), les nuages (pensées)

« J’avais toujours pensé que je devais, d’une manière ou d’une autre, créer le ciel bleu. J’avais l’impression que pour faire l’expérience de la clarté de l’esprit, je devais faire en sorte que quelque chose se passe. En vérité, il est inutile de créer quoi que ce soit. Le ciel bleu est l’espace mental, et il est toujours là, ou plutôt ici.  » (p. 67)

« Ce fut une révélation pour moi. Je découvrais que la méditation ne consistait pas à créer un état d’esprit artificiel (ce que je pensais être l’espace mental) ni à devoir tenter de garder les nuages à distance. Il fallait plutôt mettre une chaise dans le jardin et s’y installer pour regarder les nuages passer.  Parfois j’apercevais un coin de ciel bleu entre les nuages, c’était agréable.  » (p. 67)

« Évidemment, tout ce que je vous dis n’aura pas de sens pour vous tant que vous ne l’expérimenterez pas. Prenez tout de même un moment pour imaginer cette liberté et cet espace dans votre esprit. Imaginez ce que vous ressentiriez si vous n’étiez pas accaparé par toutes vos pensées. Et plus que tout, imaginez un endroit dans votre esprit qui serait toujours calme, immobile et clair. Un endroit où vous pourriez toujours vous rendre et où vous auriez le sentiment d’être à l’aise ou en paix, quoi qu’il se passe dans votre vie. » (p. 68)

L’étalon sauvage : de l’espace pour l’esprit

« Votre esprit est comme un étalon quand vous vous asseyez pour méditer. Vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu’il reste immobile tout d’un coup, parce que vous êtes assis comme une statue pur faire ce que l’on appelle de la méditation ! Quand vous vous asseyez avec cet étalon, cet esprit sauvage, vous devez lui laisser de l’espace, beaucoup d’espace. Plutôt que d’essayer de vous concentrer immédiatement sur l’objet de votre méditation, laissez à votre esprit le temps de se poser, de se détendre un peu. » (p. 71)

« C’est ce que vous devez faire avec votre esprit quand vous vous asseyez et que vous trouvez qu’il est trop actif. Allez-y doucement, lentement, et laissez-lui l’espace dont il a besoin. Laissez le cheval se calmer tout seul, aller là où il se sent heureux, en confiance et détendu, même en restant en place. Il risque de lutter un peu au départ. Ce n’est pas grave. Rallongez un peu la corde, puis recommencez le processus doucement. Si vous méditez de cette manière, votre esprit sera très heureux. » (p. 72)

Méditation et émotions

« Quand nous tentons de nous accrocher aux bonnes choses, nous essayons en même temps de faire disparaître les choses désagréables. Qu’il s’agisse de nous débarrasser de pensées envahissantes, d’émotions difficiles ou d’une sensation physique douloureuse, c’est toujours la résistance qui est en cause. Et tant qu’il y a de la résistance, il n’y a pas de place pour l’acceptation. Et s’il n’y a pas d’acceptation, il n’est pas possible d’avoir un esprit en paix. » (p. 74)

Être plus attentif et moins impatient

« Le bonheur n’est que le bonheur, ce n’est pas la peine d’en faire toute une histoire. Il va et vient. La tristesse est juste de la tristesse. Ce n’est pas la peine d’en faire toute une histoire.  Elle va et vient. Si vous pouvez abandonner votre désir de toujours vivre des choses agréables et en même temps abandonner votre crainte de vivre des choses déplaisantes, alors vous aurez un esprit calme. […] Laisser tomber l’attachement et la résistance, d’accord, mais comment ? C’est tout simple : en devenant plus attentif. » (p. 74)

Ce qui descend finit par remonter

« J’ai pu constater que dans le domaine des émotions, tout ce qui descend finit par remonter. Et cela peut remonter à la surface sous la forme d’une émotion ou commencer à influer sur votre comportement., d’une manière ou d’une autre. Cela peut même dans certains cas affecter votre santé. Les symptômes liés au stress sont de plus en plus courants. Ils sont souvent le résultat de notre incapacité à faire face à des sentiments difficiles créés par une situation ou un environnement stressant. » (p. 80)

De l’idée de l’émotion à l’acceptation de l’émotion

« Quand vous êtes arrivé ici, je vous ai dit que la méditation vous apprendrait à être plus attentif, je n’ai jamais dit qu’elle vous débarrasserait des émotions désagréables. Mais lorsque vous êtes plus attentif, il reste très peu de place pour les émotions désagréables. Quand vous y pensez sans arrêt, vous leur donnez beaucoup de place, vous les gardez actives. Mais si vous n’y pensez pas, alors elles ont tendance à perdre de l’importance. » (p. 86)

« Quand il n’y a pas de résistance, il n’y a plus que l’acceptation de l’émotion. » (p.87)

« J’ai également appris que parfois, « l’idée » que nous nous faisons d’une chose est très différente de la réalité. Je pensais que j’étais vraiment triste, mais lorsque j’ai tenté de localiser la tristesse, je n’ai trouvé que des pensées et des sensations physiques changeantes et éphémères. J’ai essayé de trouver une émotion permanente, mais j’ai simplement trouvé des pensées et des sensations physiques colorées par le sentiment. » (p. 88)

Le filtre des émotions

 « Les émotions influencent la manière dont nous percevons les autres, les situations de l’environnement dans lequel nous vivons.  Par conséquent, elles ont aussi une influence sur nos relations avec ces trois éléments. Les émotions sont un filtre entre nous et le monde. » (p. 90)

États

« Il arrive que nos états passagers soient si ancrés que nous avons l’impression qu’ils deviennent des trains, que l’émotion soit si écrasante que nous ne parvenons pas à voir au-delà. Dans ces situations, l’émotion peut même commencer à définir qui nous sommes. La dépression en est un bon exemple. Même si les deux semblent parfois indissociables, il est important de savoir qu’ils sont différents. » (p. 91)

Ne jugez pas vos émotions

« Quand nous abordons les émotions à travers la méditation, ce n’est pas parce que nous avons besoin de leur donner plus d’importance (elles en reçoivent déjà assez !), mais parce que nous devons trouver une manière de nous attacher à elles d’une manière plus ingénieuse. Nous devons trouver un moyen d’être conscients de nos émotions, de les ressentir, de les reconnaître et de vivre avec elles sans en être dépendant. La méditation et la pleine conscience nous montrent comment faire cela au mieux. […] Et lorsqu’une situation arrive, il peut être bien de savoir que vous êtes équipé pour mieux y faire face. Cela ne signifie pas que vous ne ressentirez pas le sentiment, car vous le ressentirez, c’est certain. Mais cela signifie que la manière dont vous aborderez ce sentiment, vous permettra de lâcher prise sur lui plus rapidement et plus facilement. » (p. 95)

Être attentif, pas distrait

« Peu importe que vous soyez conscient de pensées nombreuses ou d’aucune pensée. Peu importe également que vous soyez conscient de sentiments plaisants ou déplaisants. Il s’agit de la capacité à être conscient et rien de plus. […]

L’un de mes professeurs avait pour habitude de répéter cela comme un mantra. Il disait : Si vous êtes distrait, vous ne méditez pas. Vous méditez uniquement si vous n’êtes pas distrait. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méditation, il n’y a que le fait d’être distrait ou pas, conscient ou pas. » (p. 120)

L’esprit ne se trouve qu’à un endroit à la fois

« Il est préférable de se représenter les découvertes qu’apporte la méditation comme des gouttes d’eau remplissant un seau plutôt que comme de grands éclairs qui transforment la vie instantanément. » (p. 146)

La pleine conscience en action

« La pleine conscience peut être appliquée à tout ce que vous faites, sans exception, que ce soit une activité passive ou dynamique, en intérieur ou en extérieur, au travail ou dans un loisir, que vous soyez seul ou entouré. » (p. 147)

« Lorsque vous appliquerez cette approche à différentes situations, vous remarquerez qu’elle a un effet très apaisant sur l’esprit. Non seulement vous êtes présent pour vivre chaque moment de votre vie (littéralement, vous vivez pleinement votre vie) mais vous vous sentez aussi très calme. Et de ce calme naît la clarté. Vous commencez à voir comment et pourquoi vous pensez et ressentez ce que vous pensez et ressentez. Vous commencez à remarquer des schémas et des tendances de votre esprit. Et cela vous donne la possibilité de choisir de quelle manière vivre votre vie. Plutôt que de vous laisser emporter par des pensées et émotions déprimantes ou improductives, vous pouvez réagir comme vous le souhaitez. » (p. 149)

Le moine pressé

« L’avantage de la pleine conscience, c’est qu’il n’est pas nécessaire de lui réserver un moment dans la journée. Il suffit d’entraîner son esprit à être présent pendant nos actions plutôt que d’être perdu dans des pensées. C’est la réponse à ceux qui prétendent ne pas avoir le temps de former leur esprit. » (p. 151)

« La pratique de la pleine conscience nous montre comment nous pouvons appliquer la même qualité d’esprit à toutes nos activités. Peu importe que nous ayons une vie très active ou très sédentaire. […] Nous vivons tous des journées de vingt-quatre heures, nous avons donc tous la même quantité de temps pour nous former à être conscients. » (p. 153)

« Comme des points à relier, la pleine conscience est bien plus qu’un simple exercice isolé que l’on ferait chaque jour. » (p. 154)

Être à fond

« Le corps et l’esprit ne sont pas séparés. Quand nous avons la présence d’esprit, nous avons la présence corporelle, quand nous sommes concentrés mentalement, nous sommes concentrés physiquement et quand nous avons la tranquillité d’esprit, nous avons la corporelle. (p. 192)

Trouver le bon moment

« Quand on début, le meilleur moment est le matin au réveil, que l’on soit un lève-tôt ou un oiseau de nuit. […] En général c’est un moment calme. Il est donc plus facile de trouver un endroit où on ne sera pas dérangé. […] Mais la raison principale est que, quoi qu’il se passe, ce sera fait. » (p. 225)

« Si vous vous dites que vous préféreriez dormir, pensez que le repos profond procuré par la méditation sera bien plus utile et bénéfique que les dix minutes de sommeil supplémentaires. En plus, vous en serez conscient ! » (p. 226)

L’importance de la répétition

« Les recherches montrent que les bienfaits sur le cerveau sont les mêmes, que le méditant perçoive sa séance d’une manière positive ou négative. Ainsi, même si vous avez l’impression que votre séance s’est mal passée, quelque chose de bénéfique s’est produit. Si vous ne vous sentez pas bien un jour, essayez de pratiquer tout de même, car c’est grâce à la répétition que les fondations permettant de développer la clarté d’esprit se fortifient. » (p. 229)

Faites confiance à votre expérience

« Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méditation. Il est simplement question d’être attentif ou inattentif, distrait ou concentré. » (p. 230)

Équilibre : un sentiment d’équanimité

« La vie est un peu comme la mer, elle va et vient. Elle est parfois calme et sereine, mais il arrive aussi que ces vagues soient si gigantesques qu’elles menacent de nous submerger. Ces fluctuations font partie de la vie. Mais quand nous l’oublions, nous nous laissons emporter par les grosses vagues d’émotions difficiles. » (p. 239)

« Avoir une plus grande conscience de vos émotions signifie que, quoi qu’il se passe, l’expérience que vous en faites sera amplifiée. Mais comme vous vous laisserez moins facilement emporter par les émotions, vous n’aurez plus l’impression d’être à leur merci. » (p. 240)

Engagement : se tenir à quelque chose

Si vos motivations sont vraiment claires, si vous savez pour quelles raisons vous apprenez la méditation et quelles sont les personnes de votre entourage qui sont susceptibles d’en bénéficier, vous n’aurez certainement pas de mal à vous assoir chaque jour pendant dix minutes pour méditer. » (p. 241)

Leave A Reply

Navigate