Juste deux secondes

Ralentir, prendre le temps, temporiser. Tels sont les mots qui résonnent en moi en ce début d’année. Parce que la société veut toujours nous donner un temps imparti, un temps pour tout faire, nous faire gagner du temps.

Alors que prendre le temps qu’on pensait perdre, c’est si bon !

Je partage avec vous une petite anecdote pour illustrer mon propos.

C’est Noël. Trois personnes se retrouvent dans un ascenseur. L’une d’entre elles cherche le bouton qui permet de fermer les portes plus vite. Mais à sa grande surprise, il n’y en existe pas dans cet ascenseur. C’est cadeau !

Une autre lui dit : « Mais pourquoi veux-tu aller vite ? On est bien là ! Les portes vont se fermer et on va descendre ». Elle lui répond : « Oui mais au boulot par exemple, c’est bien pratique quand on est pressé. Cela permet d’arriver plus vite « .

Sur ce, la personne lui répond : « Plus vite. Mais pourquoi veux-tu arriver plus vite ? On parle de quoi ? De deux secondes ? ».

Sur le moment, moi la troisième personne, j’ai souri. Gênée. Parce que moi aussi, il y a un an je voulais toujours aller plus vite. Parce que mes dossiers s’empilaient, parce qu’on me demandait de toujours me dépêcher. Et plus j’allais vite, plus on me donnait du travail. Moi aussi j’ai appuyé sur le « bouton magique » dans l’ascenseur, pour remonter plus vite, descendre plus vite, revenir vite de ma pause café et vite me remettre à travailler.

Je ne jette pas la pierre à celui qui est pris dans ce piège infernal. Une fois dedans, on ne réalise pas toujours que deux secondes de moins (oui juste quelques secondes) dans un ascenseur ne nous font pas gagner notre journée mais perdre un temps précieux que l’on aurait pu utiliser pour soi, pour faire un « inspire » et un « expire ». Une respiration qui nous permettrait finalement d’être plus détendu, plus ancré, plus présent ; voir même plus performant ensuite !

Les trois personnes dans l’ascenseur étaient mon père, ma cousine et moi-même. Peut-être que mon père a réalisé ce que tout le monde devrait réaliser dès maintenant. Que ces deux secondes il faut les prendre en pensant les perdre ! De mon côté j’essaye de plus en plus de le faire mais je me sens encore parfois comme ma cousine, comme tout le monde : débordée, frénétique, à vouloir que les choses avancent et aillent vite ! A ne jamais avoir le temps.

Alors la prochaine fois que vous aurez envie d’appuyer sur ce « bouton qui ferme les portes plus vite », pensez à cette petite anecdote et prenez ces quelques secondes de rab pour vous !

Je vous souhaite à tous une merveilleuse année avec beaucoup de bienveillance envers vous-même et envers les autres.

Agathe

 

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