Rencontre avec Gemma Vassallo

J’ai rencontré Gemma pour la première fois en juin 2015. Elle organisait des cours de yoga en plein air au Jardin des Tuileries. J’avais beaucoup aimé sa joie de vivre et son « autralian touch » pendant le cours. Depuis, je l’ai suivie sur différents réseaux sociaux et j’ai eu le plaisir de la voir en couverture d’Esprit Yoga au mois de janvier 2016. A ce moment-là, j’ai eu envie de l’interviewer pour en savoir plus sur sa passion, et comprendre quelle est SA clef du bonheur !

Nous avons passé deux heures ensemble et je peux vous assurer que son sourire vous donne la pêche pour le reste de la journée. Merci à elle de m’avoir consacré du temps parmi ses journées bien chargées !

Voici quelques extraits de l’interview !

Depuis combien temps vis-tu en France et quelle est la raison de ta venue ?

Je suis arrivée en France il y a deux ans maintenant. Je suis venue rejoindre ma sœur qui avait besoin d’aide. Partir d’Australie me trottait dans la tête depuis un moment mais je n’avais pas encore sauté le pas. J’étais très heureuse là-bas et j’avais un super boulot.

Que faisais-tu en Australie ?

J’étais consultante en bien-être et une autre partie de mon temps, j’étais professeur de yoga. Je travaillais pour de grosses sociétés et je créais des programmes de bien-être sur mesure pour leurs employés.  J’organisais leur environnement de travail et proposais des activités comme des cours de yoga ou de fitness, des ateliers cuisine, … Je faisais tout mon possible pour que les salariés se sentent bien et qu’ils restent longtemps au sein de la société, car cela coûte très cher à l’entreprise de recruter sans cesse de nouvelles personnes et de les former.

Comment se sont organisés ton départ d’Australie et ton arrivée en France ?

Quand je suis partie d’Australie, j’ai vendu tout ce que j’avais et je suis arrivée ici avec une seule valise et un ticket aller simple. Tout ça en un mois ! Quand ma sœur m’a appelé en me disant « j’ai besoin de toi », j’en ai parlé à mon patron et nous nous sommes mis d’accord sur un break de deux ans.

J’avais en tête de donner des cours de yoga. J’ai pris quelques contacts et j’ai commencé à exercer dans les Yvelines, dans le village où habite ma sœur. Je donnais des cours chez des particuliers pour commencer puis, j’ai petit à petit trouvé des studios à Saint Germain en Laye et dans Paris.

 Pourquoi pratiques-tu le yoga vinyasa plutôt qu’un autre style de yoga ?

Au début je pratiquais le yoga bikram (yoga pratiqué dans une salle chauffée à 40°) qui était très populaire en Australie à cette époque. J’ai commencé à pratiquer suite à une série de blessures et en raison de mon passé dans de gymnaste. Mais au début, on ne peut pas dire que j’aimais vraiment ça. Puis, le vinyasa et le power yoga sont arrivés en Australie et de nombreux studios ont opté pour ces nouvelles disciplines. C’est comme cela que j’ai découvert le yoga vinyasa et que j’en suis tombée amoureuse ! J’ai commencé et je ne me suis plus jamais arrêtée !

Quand as-tu démarré l’apprentissage du yoga ? Pensais-tu en faire un métier ?

J’avais la vingtaine et je pratiquais plutôt pour l’aspect physique et la souplesse que cela apporte, je ne pensais pas en faire mon métier. Comme beaucoup de filles qui commencent, on se met au yoga pour être en forme et en bonne santé. C’est vrai que le yoga permet dans un premier temps de raffermir le corps et d’être plus souple. Mais plus j’ai continué et plus et je me suis sentie détendue, calme et heureuse. Le yoga apporte beaucoup au niveau mental, spirituel et émotionnel. C’est ce qui fait son goût de « reviens-y » !

Qu’est-ce que tu aimes particulièrement dans la pratique du yoga ?

Le yoga est souvent vu comme une discipline où on vient juste en cours pour s’assoir et respirer. Cela fait partie du yoga mais on ne peut pas le réduire à cela !

Par exemple, quand je rends visite à mon ami qui est coach sportif, il me demande parfois de montrer à ses élèves quelques postures. Je leur fais faire dix minutes de yoga et à la fin, ils sont KO ! Ils réalisent que le yoga est intense physiquement.

Le yoga vinyasa fait bouger le corps en entier et c’est ce que j’aime. Ce n’est pas seulement un mouvement isolé comme pour beaucoup de sports. C’est une manière de faire travailler son corps en étant en conscience de ce que l’on fait, ce qui est très différent. Ce n’est pas juste lever une altère ou bouger une partie de soi. Il faut être focalisé sur le présent, la respiration, ce que l’on fait ici et maintenant.

D’autre part, les cours de vinyasa ne se ressemblent jamais. C’est très bon pour le cerveau car on peut connaître les enchaînements mais on ne sait jamais comment on va y arriver et ce qui va se passer après.

Pour moi le yoga ce n’est pas juste faire quelque chose avec mon corps, c’est vraiment une philosophie qui affecte ma vie en général. Quand on pense yoga on pense posture, mais c’est seulement une de ses composantes. Le yoga impacte aussi la manière dont on mange, dont on se comporte avec soi-même et avec l’environnement.

Suis-tu un régime alimentaire particulier ? As-tu un secret pour avoir autant d’énergie ?

Non, mais j’ai tout essayé ! Les régimes végétariens, vegan, les cures détox, les cures purifiantes ! Mais pour être honnête, le régime végétarien ne me convient pas sur une longue période, c’est une question de métabolisme. Mon énergie diminue et je ne me sens pas en forme. Pour moi, être en bonne santé ne signifie pas forcément suivre un régime spécifique, c’est plus comment se nourrir avec des aliments qui me font du bien. J’encourage les gens à essayer ces types de régime car cela peut très bien marcher. De toute façon, je pense qu’il est sain de manger plus de légumes et moins de viande et de manière raisonnée.

Par contre, je ne bois jamais de café et très peu de thé, je dors beaucoup et je pratique le yoga dès que je peux ! Et la nourriture m’apporte le Prana (énergie) nécessaire !

Qu’est ce qui te plaît dans le fait de donner des cours de yoga ?

Quand on partage quelque chose dans lequel on croit vraiment, cela procure beaucoup de bonheur. J’aime voir mes élèves progresser et contribuer au développement de leur nouveau style de vie, les voir en meilleure santé et prendre soin d’eux. C’est si touchant quand des élèves me disent combien le yoga les a aidés et tous les bénéfices qu’ils en retirent. Ils me parlent beaucoup de l’espace que cela leur donne dans leur vie, de l’espace mental qu’ils arrivent à développer au quotidien.

As-tu une posture de yoga que tu aimes particulièrement ?

Ce n’est une posture très compliquée mais plutôt une posture de relaxation, elle s’appelle Viparita Karani. Les jambes sont confortablement installées contre le mur, le bassin et le bas du dos appuyés sur le tapis. Le but du yoga n’est pas d’être dans un challenge permanent. Ce genre de posture permet de laisser l’égo de côté et de toujours vouloir faire ce qu’il y a de plus difficile. J’aime aussi faire les postures sur les mains (handstand) ou sur la tête (headstand), c’est fun et plutôt challenging ! Il faut s’entraîner chaque jour, c’est loin d’être quelque chose de magique ! Mais une fois qu’on y arrive c’est incroyable comme sensation. Cela permet aussi de dépasser ses peurs, de prendre confiance et de se dépasser. Tout ce qu’on voit sur Facebook ou Instagram n’est pas arrivé en un jour ! C’est le résultat d’un très long et difficile travail.

Qu’est-ce qui te rend heureuse dans la vie ?

Ce que je vais dire est un cliché mais ce qui me rend heureuse c’est faire du yoga ! Je suis tellement heureuse dans mon travail que quand j’ai une journée où je ne travaille pas, je vais à un cours de yoga ! Je ne pensais pas m’épanouir autant quand j’ai commencé. Je m’en suite rendue compte quand j’ai fait ma première formation. J’ai ressenti que j’étais au bon moment au bon endroit, en train de faire ce que j’aimais vraiment. A la fin du cours j’ai été envahie par beaucoup d’émotion. Tout le monde pleure à un moment ou à un autre de la formation. Le yoga aide à ressentir les choses, à ressentir de la joie à l’état pur !

C’est quoi une journée type pour Gemma Vassallo ?

Je donne un ou deux cours dans la matinée puis un cours privé. Ensuite j’ai un petit break d’une heure ou deux pour repasser chez moi. Ensuite j’ai encore deux cours dans la soirée. Certains de mes élèves me demandent si je suis heureuse et détendue toute la journée parce que je fais du yoga ! Mais cela m’arrive d’être malade et donner des cours de yoga est très différent d’une simple participation à un cours.

Mon business c’est moi ! Si je ne travaille pas, je ne suis pas payée. Donner des cours demande beaucoup d’énergie et de préparation. Et quand on ne donne pas cours, il faut répondre à beaucoup de mails, faire de la promotion. Dans la semaine j’ai au moins dix-huit cours à préparer et parfois cela m’arrive de me sentir stressée. Mon emploi du temps est presque complet et j’ai peu de temps pour moi, pour découvrir Paris, pour voir mes amis. Mais j’essaye de plus en plus de trouver un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie privée.

Comment tes amis me parleraient de toi si je leur demandais ?

Ils diraient sûrement que je suis une personne qui a beaucoup d’énergie, motivée et très impliquée dans tout ce que je fais. Je suis aussi quelqu’un de très honnête et j’aime aider les gens et les rendre heureux. Donner des cours de yoga c’est aussi prendre soin des gens et faire en sorte qu’ils se sentent bien.

Comment fais-tu pour être heureuse le plus souvent possible ?

Je passe le plus de temps possible avec ma famille, d’autant plus que je suis de l’autre côté du monde par rapport à l’Australie. Dès qu’ils sont sur Paris et que je peux les voir, j’aime les retrouver ! Et avec mes amis parisiens aussi, même si je les connais depuis peu, je construis petit à petit de nouvelles amitiés.

J’aime aussi passer du temps dans la nature, cela me rend très heureuse ! Je vais souvent au Bois de Boulogne avec ma sœur pour promener ses chiens. Parfois avec mon ami nous partons sur un coup de tête vers Deauville pour se ressourcer. De temps en temps je rêve de l’Australie et cela me manque un peu : le soleil, l’océan, … Quand je suis au contact de la nature je me sens plus calme et détendue, cela m’apaise.

Quel est ton mot préféré ?

Maintenant. Le présent.

J’ai entendu parler du Prana Bar ? Peux-tu m’en dire un peu plus ?

C’est un endroit que j’ai créé dont la philosophie tourne autour du « bien manger », des produits naturels et qui propose des smoothies. Sur le site internet on peut trouver des recettes simples qui permettent de tester de nouvelles manières de manger. Je pense bientôt tout intégrer sur mon nouveau site internet.

As-tu un endroit spécial qui te permet de te recentrer ?

Je dirais que c’est plus un état d’esprit, pas un endroit en particulier. C’est prendre le temps de me recentrer et de méditer.

Quelle sorte de méditation pratiques-tu ?

Je pratique plutôt ce qu’on appelle la pleine conscience. C’est une technique très simple que j’ai commencé à utiliser quand je suis devenue professeur de yoga. Je pratique de mon côté et d’autres fois je participe à des ateliers de méditation guidée.

Je suis passée par des périodes très difficiles depuis mon départ de Sydney et pour être honnête je méditais tous les jours. C’est la seule chose qui me permettait de rester ancrer, sereine. J’encourage les gens à se dégager du temps pour méditer, cela apporte beaucoup de bénéfices. On peut prendre soin de son corps avec le yoga mais si on ne porte pas attention à son esprit, cela ne fonctionne pas. L’un ne marche pas sans l’autre. La méditation permet de nettoyer le mental en quelque sorte. C’est en partie grâce à elle que j’en suis arrivée là aujourd’hui.

Peux-tu me raconter quelque chose de spécial à propos de toi, qui n’apparaît sur aucun des réseaux sociaux ou de ton site internet ?

Quand j’étais plus jeune, vers mes dix-huit ans, j’ai été DJ pendant une courte période, moins d’un an je pense. J’avais tout un équipement dans ma chambre ! C’était vraiment un travail, je me faisais payer pour mixer lors de mariages.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?

Je commence à organiser des retraites de yoga. J’en ai une à Majorque le mois prochain autour du yoga et du Stand Up Paddle (aussi nommé SUP, c’est un sport de glisse nautique où le pratiquant est debout sur une planche et se propulse à l’aide d’une pagaie, paddle en anglais). Je suis aussi en train de planifier une retraite en Australie pour la fin d’année. Cela me prend beaucoup de temps pour organiser tout cela et pour que les personnes te suivent dans l’aventure.

Avec d’autres personnes qui sont aussi des expatriées, j’ai créé une sorte tribu pour le bien-être qui s’appelle Whole & Hot. Nous avons fait notre premier « Blab » cette semaine. Ce sont des sortes de conférences en ligne sur une plateforme. Par exemple nous avons déjà fait une vidéo sur le sujet de la détox. Le Blab est un concept qui est en train de prendre de l’ampleur à Paris en ce moment.

Que fais-tu quand tu te sens triste ?

Je pense qu’il faut en parler et s’autoriser à être triste. C’est ainsi que l’on peut avancer. Peu importe ce qui arrive comme émotion, je la laisse sortir. Sinon je pratique le yoga mais dans ce cas plutôt du Yin Yoga (favorise la relaxation) pendant quelques semaines, le temps de m’apaiser.

Quel est ton conseil pour les personnes qui veulent devenir professeur de yoga ?

C’est un super boulot ! Mais il faut être sûr que c’est quelque chose que l’on aime faire à 100% ! Je leur conseille de suivre la formation de professeur de yoga et de garder leur travail en parallèle. Dans ce genre de formation les émotions sont décuplées et il est difficile ensuite de revenir à la réalité. C’est difficile de gagner sa vie en faisant du yoga et souvent cela ne colle pas avec la philosophie du yoga. Pourtant quand ça devient un travail il faut bien gagner sa vie. Travailler dans des studios de yoga ne rapporte pas beaucoup donc il faut travailler ses arrières. Il ne faut donc pas sauter dans ce boulot à 100% au début et plutôt faire une sorte de mix. Ce n’est pas parce qu’on aime quelque chose que l’on peut en faire un métier. Il faut être sûr d’être bien dans son rôle de professeur et de s’y épanouir. Après on peut le faire à plein temps. La première fois que l’on donne un cours c’est assez terrible ! On a tellement peur au début ! C’est difficile de tout expliquer et très différent de sa propre pratique. Il faut savoir exactement comment bouger dans la posture et le traduire aux autres.

Quelle est pour toi la « yoga way of life » ?

J’essaye d’être une yogiste centrée sur les autres et tournée vers l’environnement. Mon but est d’être dans une sorte d’équanimité dans la vie, de prendre le temps d’analyser les situations avant de répondre de manière non réfléchie.

Vous pouvez retrouver toutes les actualités de Gemma Vassallo sur son site internet gemmavassallo.com.

 

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